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En marche sur le Camino Primitivo

En marche sur le Camino primitivo

 

Le camino primitivo est un des chemins de Saint Jacques de Compostelle en Espagne, menant jusqu’à la cathédrale de Santiago de Compostella, vers laquelle de nombreux pèlerins convergent toute l’année.

Il prend naissance à Oviedo, capitale des Asturies, et traverse en direction de l’ouest la province des Asturias, puis celle de Galice (Galicia). La distance entre Oviedo et Santiago est d’environ 320kms. Le parcours est assez physique, surtout dans sa première partie avec de nombreux dénivelés et le passage de 3 cols de plus de 1000M.

Il est relativement peu fréquenté (environ 1% des pèlerins) et permet aussi pour les pèlerins qui le souhaitent de rallier le camino del norte (Ribadesella ou Gijòn) et le camino frances (Melide ou Arzua).

Camino primitivo

Camino primitivo

Historiquement, c’est le roi Alphonse II des Asturies dont la cour résidait à Oviedo qui l’emprunta pour la première fois  au 9ème siècle (d’où le nom de chemin primitif) pour se rendre en Galice et attester de la présence des restes de l’apôtre Saint Jacques. Il y a ensuite ordonné l’édification d’une basilique afin de vénérer son tombeau et a ainsi fondé la ville de Saint Jacques de Compostelle. En Espagne, on dit : « Celui qui va à Saint Jacques de Compostelle et qui ne se rend pas à la Cathédrale du Sauveur rend visite au servant et non au Seigneur »


Guides et matériels : le guide « le chemin primitif » de Gérard du Camino, des courbes de niveau que j’ai réalisé moi-même, des cartes par étapes prises sur le site http://www.xacobeo.fr. Les crédentials proviennent de l’association française des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle (Guy Auguste président), ainsi que des feuilles d’itinéraires avec distances et dénivelés. Pas de duvet mais des draps de sacs en soie achetés chez décathlon. Des poches à eau (2L pour moi, 1L pour yolande). Sacs à dos de 50L. Chaussures de rando Lowa pour Yolande, des Salomon pour moi. Des bâtons de randonnée. Les habits sont en double, avec prévision de lessive tous les soirs. Yolande s’est beaucoup inspirée des listes de nécessaires d’Alix de Saint-André (« En avant route »). Au total, elle est chargée d’environ 8 kg avec eau. Et moi je dois en porter 10, ce qui fait un peu plus que le 1/10 de notre poids recommandé.

 

dénivelés Oviedo / Sobrado

dénivelés Oviedo / Sobrado

Qui sommes-nous?  Nous sommes  un couple de randonneurs (Yolande et Luc), tous les 2 quinquagénaires  et résidants en région parisienne. Luc a déjà effectué la via podiensis et le camino frances en 2012. Pour rallier Oviedo, nous nous sommes retrouvés à la gare de Paris Austerlitz et nous avons pris le train de nuit jusqu’à Irùn. Le bus du matin nous a ensuite mené à Oviedo en 7H. Là, nous retrouvons Mercedes, une pèlerine du Puy de Dôme, rencontrée en 2012 sur le camino frances. Après une soirée festive passée à trinquer au cidre à nos retrouvailles et à déguster du pulpo a feira et des fruits de mer dans la calle Gascona, nous regagnons notre petit hôtel situé dans la même rue. Le lendemain matin, le rdv est donné à 7H30 devant la cathédrale située à 200M de là.

 


1ère journée : Oviedo – Peñaflor 21 km, le 15 juillet 2015.

Sur le parvis de la cathédrale d'Oviedo

Sur le parvis de la cathédrale d’Oviedo

C’est avec une aurore brumeuse que nous sommes Yolande et moi au rdv à 7H30 devant la cathédrale, mais pas de Mercedes en vue. A 7H45 je lui téléphone sur son portable et la réveille. Le rdv est redonné dans un café de la calle San Juan à proximité. Après un passage à la basilique San Juan El Real, vers 10H et tout en suivant le balisage de coquille ou de flèches jaunes, nous quittons la ville par la calle de la independencia. Tout le monde peine un peu pour cette première journée et nous arrivons péniblement à mi journée à Loriana, située à 8km du départ. Les 25 kms prévus s’annoncent difficiles. Mercedes manque d’entraînement et son sac est trop lourd. Un joli pont nous permet d’arriver à Gallegos, puis à Escamplero. Les horreos asturiens sont beaucoup plus imposants que ceux que j’avais vus en Galice 3 années auparavant. Certains ressemblent à de véritables habitations et reposent sur 6 ou 8 piliers en pierre pour être stables. A Premoño, il est déjà 16H et il reste encore 10 km pour Grado. Heureusement, quelques kms plus loin nous arrivons à Peñaflor. Il n’est pas loin de 18 H et nous avons parcouru 21kms. Le bar restaurant situé à l’entrée du village a aménagé un ancien garage en dortoir pour les pèlerins épuisés. Nous en faisons partie. Ça sent encore un peu le gasoil mais ça nous ira. Peu après, les 6 lits du garage sont occupés avec l’arrivée de 2 autres pèlerines espagnoles et d’une américaine.

Dans les Asturias, on suit le cœur de la coquille

Dans les Asturias, on suit le cœur de la coquille

 2ème journée : Peñaflor – Cornellana 16 km

Des horreos grands comme des maisons

Des horreos grands comme des maisons

Départ à 8H du matin. Nous passons un pont et nous longeons le rìo Nalon pratiquement jusqu’à Grado ou nous faisons une pause déjeuner. C’est la première côte du voyage qui nous mène jusqu’au sanctuaire d’El Fresno. C’est décidément très dur pour Mercedes, et Yolande commence aussi à peiner dans cette ascension. Puis c’est une longue descente en plein soleil jusqu’à Doriga. Un peu après 15H nous arrivons à Cornellana et là, c’est le coup de foudre pour son monastère roman San Salvador qui semble hors du temps, et accueille les pèlerins dans son albergue située dans la partie la plus ancienne. Il nous faut réajuster l’organisation de notre voyage puisque nous sommes loin des 23/24 kms quotidiens prévus pour boucler le camino en 15 jours. A partir de là, et sur le conseil de l’hospitalera, nous ferons appel au service Pack muchilla proposé par le service postal espagnol Coreos, pour les sacs de Mercedes et de Yolande. Il faudra donc réserver tous les soirs pour le lendemain, afin de pouvoir donner une adresse de récupération des sacs, et une adresse de livraison. Cela enlève une partie de spontanéité dans le voyage, et demande plus d’organisation, mais c’est au risque de se retrouver au bout des 15 jours loin de Santiago et de son aéroport, or nous avons déjà Yolande et moi des billets réservés pour le 31 juillet pour le retour sur Paris.

Cornellana, l’entrée de l'albergue

Cornellana, l’entrée de l’albergue

3ème journée : Cornellana – La Espina 21 km

Départ tôt ce matin puisque nous profitons des premières lueurs du jour pour nous élever au dessus du monastère. Le chemin grimpe doucement jusqu’à Salas ou nous faisons la pause déjeuner de 13H sur la place de la Campa près du castillo. A partir de là, les choses sérieuses commencent puisque nous allons passer en 5 km de 250M à 650M d’altitude. C’est rude. Les filles se réjouissent d’avoir laissé leurs sacs à dos à Cornellana. Heureusement, il y a des sources et une partie du chemin est à couvert et garde un peu de fraîcheur. Les nombreux hortensias et les maisons en pierre nous rappellent la Bretagne. Vers 16H nous rejoignons La Espina et la joyeuse albergue El Texu, objectif de notre journée, où l’hospitalera nous accueille très chaleureusement.

4ème journée : La Espina – Campiello 25 km

Départ vers 7H du matin, toujours avec les premières lueurs du jour. Il fait assez frais. C’est aussi le réveil des oiseaux qui, par leur chant, nous accompagnerons tout au long de ce voyage. Le parcours est agréable et sans difficulté jusqu’à la petite ville de Tinéo, où nous faisons une pause près de l’ermita San Roque, puis profitons de la ruelle commerciale pour nous ravitailler et acheter un petit sac à dos pour Yolande.  Mercedes qui souffre des pieds (1 hallux valgus + des ampoules) remarque une boutique de chaussures et se lance dans l’achat d’une paire de chaussures basses de randonnée.

Voyons la qualité de ces chaussures...

Voyons la qualité de ces chaussures…

Capilla del cristo de los afligidos

Capilla del cristo de los afligidos

Nous revoilà un peu chargés au départ de Tinéo, ce qui ne facilite pas l’ascension de cette nouvelle côte qui nous mène cette fois à 900M d’altitude. L’étape est longue et après la traversée de la forêt, Mercedes fera les derniers km en voiture avec une gentille riveraine du chemin qui l’emmènera jusqu’à Campiello et la casa Herminia. La soirée se déroule à une grande tablée de pèlerins venus du monde entier (Hongrie, Danemark, Espagne, France, Amérique…).

Une belle tablée de pèlerins

Une belle tablée de pèlerins

5ème journée : Campiello – Peñaseita 20 km

Mercedes a enduit ses pieds d’anti inflammatoires, ce qu’elle fera dorénavant tous les jours. L’idée de changer de chaussures en cours de randonnée ne s’avère pas excellente, et elle alternera de paires durant quelques jours.

Magnifique passage forestier vers Pola de Allende

Magnifique passage forestier vers Pola de Allende

Nous laissons tomber le camino de los hospitales qui bien que très attirant, me semble trop rude pour notre petite équipe avec ses 32km imposés sans hébergement ni ravitaillement. Nous restons donc sur le camino et après Borres, nous prenons la direction de La Pola. C’est très beau et globalement ça descend doucement entre forêts, hameaux, arroyos, petites routes et chemins herbeux jusqu’à  Pola de Allende, puis Peñaseita. C’est la pose de la journée à l’albergue, isolée en contrebas de la route.

des pèlerins déterminés et plein d’enthousiaste

des pèlerins déterminés et plein d’enthousiaste

 

6ème journée : Peñaseita – La Mesa 20 km

Dés le matin, ça monte rude, et on se retrouve en 5 km de 630M à 1146M à Puerto de Palo. Les paysages sont ceux de la haute montagne et les panoramas sont magnifiques. C’est rude pour notre petite équipe qui monte très doucement mais nous sommes largement récompensés, puisque le temps est clair et la vue dégagée. Au sommet il commence à faire très chaud. Puis le sentier descend fortement et nous faisons la pause au milieu des poules au village de Montefurado.

ça picore de tous les cotés

ça picore de tous les cotés

Après la traversée d’une longue pinède, c’est l’arrivée à Berducedo où nous nous ravitaillons pour la soirée. Il reste encore près de 5 km pour arriver vers 16H à La Mesa. Et là, l’albergue qui ne compte que 20 places est déjà saturée, et les jeunes espagnols y sont à la fête.

Como bailan estos chicos peregrinos!!

Como bailan estos chicos peregrinos!!

Finalement, c’est Concha, une fermière installée avec sa famille à l’entrée du village, qui nous accueillera. Elle a le cœur sur la main, nous laisse disposer de sa cuisine, et nous dormons dans les chambres anciennement occupées les grands parents.

7ème journée : La Mesa – Grandas de Salime 17 km

Le matin, après un petit déjeuner fermier, nous enchaînons sous la bruine un fort raidillon, puis une grande descente de 6 km en forêt, au cours de laquelle nous entrevoyons le lac artificiel et le barrage de Salime.

embalse de Salime

embalse de Salime

 

Le temps s’est un peu éclairci et le passage sur le barrage est impressionnant, avant de remonter vers la terrasse de l’hôtel bar Vista alegre. Mercedes, infatigable bavarde qui était restée discuter avec Concha, nous y rejoint un peu plus tard. Et ça continue de monter jusqu’à Grandas de Salime. L’étape est courte, et nous arrivons  avant 16H à l’albergue, mais elle est déjà complète. Finalement des matelas seront rajoutés à même le sol, et nous pourrons y dormir. Lors de la visite du village, nous retrouvons Marie Jo et Henri, pèlerins déjà rencontrés à Peñaseita, avec qui nous effectuerons la visite de l’excellent museo etnografico, et nous passerons la soirée.

Visite du museo etnografico de Grandas de Salime

Visite du museo etnografico de Grandas de Salime

8ème journée : Grandas de Salime – Fonsagrada 26 km

C’est une grosse journée de marche avec 13km de montée, dés la sortie de Grandas, et jusqu’à Puerto des Acebo (1030M). Là nous quittons les Asturias, et nous entrons en Galicia. Les coquilles changent d’orientation, et il nous faut maintenant suivre leurs rayons. Les eucalyptus deviennent très présents et leur odeur nous embaume régulièrement. Après une descente et un passage par le curieux bar O Acebo, décor digne d’un film des frères Cohen, il nous faut encore une bonne dizaine de kms et un fort raidillon avant d’arriver à Fonsagrada, où nous ferons l’étape du jour à l’albergue Chaos.

Des eucalyptus encore et encore

Des eucalyptus encore et encore

9ème journée : Fonsagrada – Càdavo Baleira 29 km

Alors que l’hôtesse d’accueil de l’office du tourisme de Fonsagrada nous avait estimé l’étape jusqu’à  Càdavo à 23 km, elle s’avère bien plus longue et fera encore souffrir certains d’entre nous. Mais après une bonne côte, le passage vers Montuto est magnifique et récompense nos efforts. Le panorama sur la vallée est magnifique. Il réunit plusieurs siècles d’histoire entre dolmens, ruines d’ancien hospital de peregrinos, et éoliennes en toile de fond.

Montuto, vestiges de l'ancien hospital de peregrinos

Montuto, vestiges de l’ancien hospital de peregrinos

Le temps s’arrête et nous sommes suspendus dedans. Les nuages qui planent autour de nous plus bas dans les vallées renforcent cette impression. Une longue descente nous mène à Paradavella pour une pause sympathique au bar Casa Meson, en compagnie de Frédéric  un pèlerin suisse. Mais il nous reste encore 15 km à parcourir et c’est dur, ça monte, ça descend, ça remonte et ça redescend. Nous cheminons bien 5km le long d’une petite route départementale. A l’arrivée à Càdavo Baleira, les filles sont épuisées et nous irons cette fois ci à l’hôtel pour une bonne nuit de récupération.

Montuto

Montuto

vue depuis Montuto

vue depuis Montuto

10ème journée : Càdavo Baleira – Lugo 30 km

Nous avons trop donné ces derniers jours et l’étape de 30km jusqu’à Lugo risque de démobiliser nos troupes. Nous choisissons alors de faire une étape de repos. Nous prenons le bus de 10H avec nos sacs et nous arrivons à la station de bus de Lugo environ 1H après. Puisque nous n’avons pas marché, nous laissons l’albergue à ceux qui sont venus à pieds et nous prenons une chambre pour 3 dans un hôtel où nous nous débarrassons de nos sacs. Nous avons alors toute une journée pour parcourir tranquillement Lugo, la ville aux remparts. La vieille ville est fortifiée et il est possible d’en faire le tour par un chemin sur les murailles, toujours en restauration. Des belles portes (puerta de Santiago, puerta san Pedro…) permettent d’y pénétrer.

Lugo par les remparts

Lugo par les remparts

Lugo, puerta de Santiago

Lugo, puerta de Santiago

Artisan cordier à Lugo

Tout en prenant une âme de touriste, nous faisons le tour des remparts, visitons la cathédrale Santa Maria, discutons avec des artisans, des commerçants, et commençons à élaborer le plan de la journée de demain. Peu pressés de rejoindre Melide et le camino frances, nous choisissons de partir vers Friol, puis Sobrado sur le camino del norte, avant de rejoindre le camino frances à Arzua. Problème, nous n’avons pas de carte, et malgré un passage à la meilleure librairie de Lugo, nous n’arrivons pas à nous procurer une carte IGN. Qu’à cela ne tienne, nous nous débrouillerons par nous même.

 

 

 

 

 

 

11ème journée : Lugo – Friol 30 km

De Lugo à Friol

De Lugo à Friol

Départ à l’aurore, nous contournons Lugo par la muraille sud et ouest jusqu’à la puerta de Santiago, puis nous traversons la nouvelle ville en direction de l’ouest. C’est samedi 25 juillet (saint Jacques) et tout est fermé, même les cafés. C’est à la sortie de la ville que nous pouvons enfin prendre un café à la nouvelle albergue Roots and Boots. Nous commençons par longer le rio Mino en direction de Meilàn, puis tout en demandant aux rares passants et en gardant le cap à l’ouest, nous dériverons doucement de chemin en départementales désertes, loin de prendre le plus court et en plein cagnard. De toute la journée, nous ne rencontrerons aucun commerce. Heureusement l’eau reste accessible en demandant parfois à des fermiers, et un prunier salvateur et nos maigres provisions nous aideront à tenir le coup. A 16H nous sommes au hameau de Gonce et il reste encore 6 km.

Mercedes fulmine

Les derniers kilomètres sous le cagnard

Mercedes part en fulminant et nous montre des ressources insoupçonnées en arrivant avant nous à Friol. C’est le patron de la casa Benigno qui montera les sacs des filles complètement épuisées.

 

 

 

 

 

 

 

12ème journée : Friol – Sobrado de los Monjes 16 km

Cette fois ci on se la fait courte, et grâce à une fiche descriptive de l’étape que nous a remis le patron de la casa Benigno, nous ferons un sans faute, sur un très joli parcours sans difficulté majeure. Il faut dire que depuis l’entrée en Galice, les dénivelés sont nettement moins importants. En milieu d’après midi nous rejoignons le camino del norte avec ses marcheurs souvent solitaires. Et peu après nous arrivons à Sobrado et découvrons l’impressionnant monastère de Santa Maria tenu par les frères cisterciens. Le monastère est resté figé dans le temps et il est entretenu dans le strict nécessaire. Rien à voir avec les nombreuses églises espagnoles baroques et rococo, toutes dorées à l’or fin par les « indianos », colons espagnols de retour en Espagne.  Mais là encore il y a affluence de pèlerins et nous profitons des dernières places de l’albergue. Les moines ont bien du mal à gérer cet afflux.  Nous nous trouvons Yolande et moi dans une chambre basse avec une vingtaine de pèlerins, mais Mercedes qui ne peut grimper sur la dernière place d’un lit superposé, s’installe dans la pièce commune, où les moines ont posé une douzaine de matelas à même le sol. A 19H nous participons aux vêpres, dans un climat de profond recueillement. Alors que le village de Sobrado est en pleine fête sur la place principale à proximité, dans le monastère tout le monde est couché avant 22H. Mais la nuit sera dure pour Mercedes qui devra endurer le bruit du sèche-linge jusqu’à 1H du matin.

Monasterio de Sobrado

Monasterio de Sobrado

Vus du cloitre des peregrinos

Vue du cloître des peregrinos

13ème journée : Sobrado de los Monjes – Arzua 21 km

Au départ de Sobrado ce matin nous sommes déjà bien plus nombreux que lors des jours précédents sur le camino primitivo. Les forêts d’eucalyptus s’enchainent et le relief ne présente plus que quelques déclinaisons sans grandes difficultés. Nous longeons aussi des petites propriétés agricoles et des fermes d’élevage.

tracteur dans une exploitation

tracteur dans une exploitation

Nous savons qu’il ne nous reste plus que quelques dizaines de km à parcourir et qu’à raison d’une vingtaine par jour nous arriverons à Santiago mercredi. Après le passage de quelques hameaux, nous arrivons et traversons avant 16H la petite ville d’Arzua, où nous prenons place à l’albergue Da Fonte, proche de la sortie. Ici également je reconnais les rues et les places puisque nous rallions le camino frances, camino que j’ai déjà parcouru en 2012.

14ème journée : Arzua – Pedrouzo 20 km

défilé de pèlerins au départ d'Arzua

défilé de pèlerins au départ d’Arzua

Ce matin nous sommes vraiment beaucoup sur le chemin. Fini la tranquillité et les rencontres ponctuelles avec d’autres pèlerins puisque des pèlerins, il y en a devant, derrière, des groupes de jeunes espagnols, des anciens plus isolés, des coréens, des allemands, italiens, américains, et même un taïwanais. Et tout ce monde chemine en commun, parfois avec force rires et bavardages, parfois dans le silence de l’effort. Les eucalyptus nous embaument de plus en plus. En milieu d’après-midi nous arrivons à Arca Pedrouzo et à l’albergue O Burgo. Jusqu’à tard dans la soirée, les pèlerins continueront d’arriver et la petite ville qui compte bien plus que 500 places d’hébergement sera vite saturée. L’arrivée est proche et nous sentons une certaine fébrilité s’installer en nous.

15ème journée : Pedrouzo – Santiago de Compostella 20 km, le 27 juillet 2015

C’est la dernière journée. Je suis réveillé depuis 4H du matin. Il bruine, et nous partons tôt puisqu’il fait encore sombre, mais sans Mercedes qui n’en peut plus, ses pieds la saturant de douleur. Les lumières du jour apparaissent alors que nous prenons un café en terrasse. Peu après nous entrons dans la forêt d’eucalyptus, où nous sommes vite rattrapés par de joyeuses bandes de jeunes pèlerins espagnols. Un contrôle inattendu et sympathique nous y attend, la protection civile espagnole qui appose son tampon sur nos credentiales. La journée ne sera pas si facile, et sous l’effet de la fatigue accumulée, des dénivelés qui nous auraient paru sans difficulté il y a quelques jours, nous paraissent ici interminables. Nous longeons l’aéroport, traversons Lavacolla où il y a quelques siècles les pèlerins venaient se laver avant d’arriver à Santiago, puis Monte de Gozo. Et c’est enfin l’arrivée dans Santiago avec sa grande descente. Nous retrouvons Mercedes au premier panneau de la ville, sans s’y être donné rendez-vous. Elle a pris le bus jusqu’à l’entrée de Santiago avec une autre jeune pèlerine en difficulté. Encore 3 km pour traverser la ville, sa circulation et son animation. Nous n’y sommes plus habitués à cette foule, ces codes de signalisation, ce bruit permanent. Le voyage est fini. Une émotion nous étreint tous les 3 alors que nous nous retrouvons en compagnie d’autres pèlerins sur la plaza do Obradoiro, face à la cathédrale de Santiago. Plus tard nous passons à l’office des pèlerins pour faire valider notre crédentiale et récupérer la Compostella. Nous passerons ensuite la soirée avec Guy, le président de l’association française des pèlerins de Compostelle, grand pèlerin et connaisseur des meilleurs bars, restaurants et vins fins de Santiago.

l’arrivée sur la plaza do Obradoiro

l’arrivée sur la plaza do Obradoiro

 

Le camino 2015 est terminé pour nous. Mais alors que j’écris ces lignes quelques jours après, il continue de cheminer dans nos têtes. C’est un peu comme un retour en famille, une grande famille où chacun respecte et accepte l’autre tel qu’il est. Et déjà nous pensons à un prochain camino, peut être le portugais, où un des passages des Pyrénées sur la voie de Piémont, où la variante dans la vallée de Celé, ou un autre encore….

Rua nova à Santiago

Rua nova à Santiago

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En marche sur le GRP Thibaut de Champagne.

Le chemin Thibaut de Champagne est un chemin de grande randonnée qui forme une boucle d’environ 140 km en Seine et Marne. Il serpente dans les plaines de la Brie entre la Seine au sud ouest et la ville de Provins au nord ouest en passant par les villes de Nangis, Longueville, Montereau et Vulaines. Il est balisé en jaune – rouge.

grp thibaut de champagne

Qui était Thibaut de Champagne ? Thibaud de Champagne, dit « Thibaud le Chansonnier », né le 30 mai 1201 à Troyes, mort le 14 juillet 1253 à Pampelune, fut comte de Champagne de 1201 à 1253 et roi de Navarre de 1234 à 1253. Sa passion amoureuse pour la reine de France, Blanche de Castille lui inspira chansons et poésies qu’il faisait peindre sur les murs de ses palais de Troyes et de Provins. Ceci lui valut le qualificatif de « chansonnier ». Il est l’auteur de 71 compositions lyriques variées (dont 37 chansons d’amour) dans lesquelles il fait montre d’une grande virtuosité technique et verbale (il apprécie jeux de mots, pointes, métaphores filées et allégories) ainsi que d’une certaine désinvolture ironique envers la matière courtoise. Thibaut de Champagne est le trouvère le plus célébré de son temps.

Qui sommes-nous ? Luc et Yolande. Nous sommes un couple de randonneurs, chacun âgés d’une cinquantaine d’années. Yolande réside en Seine et Marne. Lors de certaines étapes, un des enfants de Yolande nous a accompagnés.

Nous avons choisi de parcourir ce GR dans le sens des aiguilles d’une montre (sauf une étape) en partant de la Seine et à raison d’une journée par week-end l’hiver 2014, ce qui nous a occasionné 8 étapes entre 15 et 22 kms chacune. Chaque départ  a été effectué entre 10 et 11H, pour une arrivée en fin d’après midi. Nous avons utilisé le principe des 2 voitures, d’abord une laissée à l’arrivée, puis ralliement du point de départ avec le second véhicule qu’il faudra retourner chercher en fin d’après midi.

Durant ce périple, nous n’aurons pratiquement jamais croisé d’autre randonneur sur ce chemin. Peut être que la saison n’incite pas trop à la ballade, mais je crois surtout que ce chemin peu connu n’est pas très exploité, et c’est tant mieux car il garde ainsi son coté sauvage. Nous avons malheureusement appris quelques semaines plus tard par un officiel de coderando que ce chemin allait être abandonné au profit de petits chemins de pays plus courts et faciles à entretenir.

Matériel de repérage : carte IGN de secteur, carte de l’excellent travail de Bleausard77 sur son blog « randosacaudos », boussole (pas de trop car parfois chemin mal indiqué).

Equipement : bonnes chaussures de randonnée (attention à la gadoue), pull et coupe vent (c’est l’hiver), petit sac à dos avec la pause midi.

 

1ère étape : Héricy / Panfou, environ 14 kms.

Nous avons choisi comme départ les hauteurs de Héricy, un peu en amont de l’église dans le quartier de la Brosse. Il fait assez froid, un peu moins de 10 degrés, et nous resterons couverts toute la journée. Le parcours est facile, assez bien indiqué, très calme et dépaysant.

Après une plaine agricole le chemin rejoint une départementale et longe la forêt domaniale de Barbeau où les touffes de gui sont omniprésentes, puis nous mène en une heure de marche au village de Féricy. L’église aujourd’hui classée monument historique fut un important lieu de pèlerinage au moyen-âge en raison de sa source Sainte Osmanne qui favorisait la fécondité. On y trouve un clin d’œil aux pèlerins de Compostelle sur une de ses verrières. Ça et là, les maisons sont décorées pour les fêtes de fin d’année et viennent égayer notre passage.

Peu après la sortie du village, ne manquez pas la mare des « cyprès chauves ». Plantés par Napoléon, ces cyprès ont la particularité de vivre près des marais, d’être caduques (d’où leur nom), et de posséder des racines aériennes très particulières qui émergent du sol tout autour de l’arbre et peuvent atteindre plus d’un mètre de hauteur, les pneumatophores.

Le chemin serpente jusqu’au village de Villiers avec son beau lavoir et ou nous attend une autre surprise, un élevage de vaches à poils longs, des Highlands originaires d’écosse.

 

Les Highlands

Les Highlands

Enfin, après un passage sous un réseau de câbles à haute tension, c’est le calme absolu pour la dernière partie de la journée jusqu’au village de Pamfou.

 

2ème étape : Pamfou / La Chapelle Rablais, environ 15 kms.

Dés le départ, nous loupons le GRP qui s’oriente en sud – est vers le village de Valence en Brie, pour traverser la départementale 605, et emprunter un chemin de petite randonnée (jaune) qui passe sous la voie du TGV, sous l’autoroute A5,  et rentre dans la forêt de Villefermoy. Nous passons devant une stèle en grès qui commémore l’exécution par les allemands du capitaine de la caserne de pompiers de Valence en Brie en 1944. Là ça devient un peu la galère à cause de la boue et pour retrouver le GRP mais grâce à la boussole et en suivant la direction est nous y arrivons enfin pour tomber sur une maison forestière attenante à une immense faisanderie. Elle couvre plusieurs hectares et je n’en ai jamais vu autant. Ça coure dans tous les sens et ça s’envole en rase motte.

Malheureusement le chemin est mal indiqué et nous nous perdons encore. La marche devient fatigante à cause de la boue et des broussailles à traverser.

Enfin nous sortons de la forêt, passons devant une magnifique gite et nous arrivons au village de La Chapelle Rablais. Café sympathique à proximité de l’église.

fusain d'Europe

fusain d’Europe

 

3ème étape : La Chapelle Rablais / La Bouloye, environ 15 kms

Après un petit café au troquet, nous chargeons les sacs à dos et c’est parti.  Sachant que nous allons traverser la ville de Nangis, nous avons choisi de partir léger et de déjeuner à la ville. Le chemin est calme et bien indiqué, le temps clair. Beaucoup de champs, peu de forêt, pas mal de boue, et des chasseurs avec leurs fusils qui nous font hâter le pas. Nous arrivons à proximité de Nangis alors qu’il est près de 14H, qu’il fait bien froid et que nous avons faim. Très belle arrivée avec les remparts, le château et l’église Saint Martin classée monument historique. Malheureusement le marché vient de se terminer et nous avons du mal à trouver de quoi nous restaurer. Finalement c’est un restau turc qui nous accueillera pour la pause et je me restaure d’un bon kebab tandis que Yolande préfère une salade.

départ de La Chapelle Rablais

départ de La Chapelle Rablais

Le chemin est de sortie de ville est mal indiqué et heureusement, deux retraitées autochtones en pleine discussion de rue nous indiquerons comment rejoindre la « mare aux curés » où nous retrouverons le GRP. L’après midi est encore très rurale, venteuse, humide et fraîche et tout en maintenant un cap sud –est, nous arrivons au bourg de la Boulloye en fin d’après midi (prononcer la boulois).

 

4ème étape : La Bouloye / Lizines, environ 15 kms.

Pour cette étape, Emilie, la fille aînée de Yolande nous accompagne. Nous sommes donc trois ce matin au départ de la Boulloye, chacun armé de son petit sac à dos. Il a beaucoup plu dans la semaine mais le temps, même s’il n’est pas clair, est plus sec et doux aujourd’hui. Après une légère erreur de départ vite corrigée nous entrons dans le bois de Saint Loup et de Saint Martin et là, c’est la gadoue totale. Les ornières sont tellement profondes que le chemin est impraticable et il faut passer en bordure entre les arbres et les broussailles. Il y a même un ru sorti de son lit qui le traverse et nous devons utiliser un tronc d’arbre abattu et mis en travers pour pouvoir le franchir. Personne ne chute mais c’était risqué d’être avalé par les crocodiles (aux yeux jaunes).

bois de St Loup et de St Martin

bois de St Loup et de St Martin

Enfin nous sortons du bois et nous arrivons à Meigneux où nous cassons la croûte sur un pont en milieu de journée. L’après midi, après une zone agricole nous arrivons au joli village de Cessoy en Montois, avec ses maisons toutes en briquettes et où les habitants profitent du soleil pour nettoyer leurs vergers. Jolie mare de cresson à la sortie du village égayée de quelques rainettes. Un jeune agriculteur circule fièrement sur le tracteur Someca entièrement rénové de son grand-père.

Puis nous traverserons encore Sognolles en Montois, avant d’arriver à Lizines avec le clocher si caractéristique de l’église Saint Georges et qui nous guide de loin.

 

5ème étape : Lizines / Chalmaison, environ 20 kms.

Cette fois ci c’est Alex, le fils de Yolande, qui nous accompagne. Très sûr de lui il porte des rangers qui se révèleront pas très adaptées pour ce périple et le feront terminer avec une démarche de canard boiteux.

Nous laissons la voiture en face de l’église et nous partons vers 10H à travers une épaisse brume dans une large zone agricole en direction de l’est. La Voulzie y serpente avec ses 2 affluents, le Durteint et le Dragon. Après 1H ½ de marche, nous arrivons aux pieds de Saint loup de Naud, ancien village fortifié du XIIème siècle, pour la première pose. La brume s’est levée, il fait beau et l’endroit en bord du ru du Dragon et à proximité d’un lavoir avec une petite écluse est délicieux. Le chemin ne passe pas par le village mais il ne faut pas hésiter à  y aller. Bâti sur une colline, il faut prendre un escalier pour y accéder. L’église romane du Xllème siècle est classée. Son portail et son tympan sont magnifiques. On y reconnait la vierge et ses 8 apôtres. L’intérieur est très sobre et porte à la spiritualité. En des temps anciens, le Saint Evêque y guérissait des enfants atteints de convulsion.

La Voulzie

La Voulzie

St Loup de Naud

St Loup de Naud

L’après midi, nous retrouvons les champs et au loin le viaduc de Longueville avec ses 42 arches de 20 mètres de hauteur, ancien vertige de la ligne de Paris _ Mulhouse. Nous passons sous le viaduc et traversons la ville avec ses bâtiments industriels abandonnés et nous marchons en direction du musée vivant du chemin de fer.

Là nous perdons le chemin et nous marchons sur la départementale 49 puis 122 jusqu’à Tachy, avant de prendre un chemin qui passe sous la voix ferrée puis amène à un terrain appartenant à un ferrailleur. Nous rejoignons la forêt, mais nous éloignions trop vers l’est, nous revenons sur nos pas. Nous longeons alors la voie ferrée jusqu’à un second chemin qui passe dessous et nous retrouvons le balisage jaune rouge du GRP et rouge blanc du GR 11.

En fin d’après midi, nous arrivons à Chalmaison où nous retrouvons notre voiture sur le parking de l’imposante église.

 

6ème étape : Chatenay sur Seine / Chalmaison, environ 20 kms.

Une étourderie nous fait partir en sens inverse. Nous nous trouvons donc au départ vers 10H devant l’église de Chatenay sur Seine. Il fait très beau. Jolie première partie bien que plate, qui nous amène vers le village d’Egligny, puis traverse la départementale en longeant le ru de Preuilly. Nous traversons le Montois appelé aussi petite Suisse. L’abbaye de Preuilly est une émanation de l’abbaye de Cîteaux. Elle remonte au XIIème siècle, a été dévastée par les Huguenots pillée par la fronde, et dispersée sous la révolution. Autant dire qu’il n’en reste pas grand-chose mais l’édifice de 85 mètres reste impressionnant.  Alors que nous sommes écroulés dans l’herbe pour la pause devant ses grilles et que nous goutons à la caresse du soleil, un crissement dans le ciel attire notre attention et là, magique, nous assistons à un défilé de grues cendrées en provenance de sud ouest et direction nord est. Elles sont des centaines à passer par groupes. Parfois quand elles sont trop basses elles tournent en cercle pour prendre les courants d’air chaud ascendant et reprennent leur direction dés qu’elles ont regagné de l’altitude. Le spectacle est grandiose.

L'abbaye de Preuilly

L’abbaye de Preuilly

vol de grues cendrées

vol de grues cendrées

L’après midi la promenade est variée et vallonnée. Avec le printemps c’est le réveil du monde animal avec ses papillons (Sylvains, Piérides du chou, Citrons, Paons du jour, Vulcains), et avec les abeilles qui s’affairent près des ruches du bord du chemin. Nous montons et nous descendons et nous apercevons à proximité le clocher de Donnemarie Dontilly. Nous traversons le village de Luisetaines, puis des champs. Le long village des Ormes sur Voulzie,  puis encore des champs, longeons la Voulzie puis encore des champs…

Les grues nous accompagneront ainsi toute l’après midi et nous marcherons souvent le nez en l’air, ce qui nous vaudra de nous perdre encore une petite fois juste avant d’arriver à Chalmaison.

 

 

7ème étape : Chatenay sur Seine / Montereau Fault Yonne, environ 20 kms.

Départ du parking de l’église de Chatenay (encore une fois mais dans l’autre sens cette fois ci).

La journée s’annonce magnifique et nous pourrons marcher en tee shirt toute l’après midi alors que nous ne sommes qu’en plein mois de mars. C’est aussi la journée des fleurs (feu d’artifice de primevères, jonquilles, narcisses, iris….).

jolies fleurs au Plessis

jolies fleurs au Plessis

Dés le départ, le chemin s’engouffre dans une tranchée puis prend peu à peu de l’altitude pour atteindre la colline avec de très beau points de vue sur toute la région et sur les lapins à travers les champs.

Vers midi un peu passé nous arrivons au village du Plessis. Alors que nous posons face à une très jolie maison, Colette sa propriétaire nous invite à entrer et à partager son jardin et un verre de pineau le temps de notre déjeuner. Après le café elle nous fera visiter sa maison dont l’intérieur révèle autant de goût que l’extérieur. Elle nous accompagnera pour un bonjour à Nanon, l’âne du champ d’en face, puis nous reprenons le chemin avec toujours autant de fleurs et de papillons.

Peu après Courcelles en Bassée nous rejoignons le GR 11 mais alors là ça devient très mal indiqué et nous nous retrouvons à proximité de Salins, non prévu au programme. Il nous faudra couper à travers champs (heureusement la terre a séché) et petits bois pleins de ronces (aïe !) pour retrouver la marquage du GR 11 vers Tréchy. Le jaune rouge du Thibaut de Champagne n’existe plus. Comme nous sommes sur une colline les points de vue sont magnifiques et nous apercevons la Seine miroiter à travers les arbres de son rivage.

Nous descendons peu à peu pour arriver au village de Saint Germain Laval. Là encore le chemin est très mal indiqué et nous nous perdons une seconde fois dans le village. Enfin nous longeons la Seine, passons sous l’A 5 et le TGV avant de nous retrouver dans une impasse et de faire demi tour pour longer l’A 5 sur une centaine de mètres et entrer dans la ville de Montereau. Après la nature et ses couleurs, la ballade citadine perd un peu de son intérêt, malgré une jolie vue sur l’impressionnant Prieuré Saint Martin.

Nous retrouvons la voiture à la sortie de la ville, au pied de la falaise de calcaire avec ses anciennes galeries troglodytes.

 

8ème étape : Montereau Fault Yonne / Héricy, environ 22 kms.

Départ au pied de la falaise de calcaire de Montereau. Montereau est au confluent de la Seine et de l’Yonne et a vu se dérouler de grands évènements historiques sur son pont (victoire de Napoléon contre les Prusses en 1814).

L’air est frais et à peine embrumé. Nous cheminons dans l’intérieur par des chemins de terre jusqu’à la Grande Paroisse. Et là au niveau de la gare nous choisissons de quitter le chemin de Thibaut et de profiter des bords de Seine grâce à son chemin de halage. En fait il est très paisible, bien praticable, et parfois assez industrialisé. De nombreuses péniches y sont amarrées, parfois à vie. Vers 13H peu après le niveau de Vernou la Celle, un banc face à la Seine nous accueille pour la pause déjeuner. Durant toute cette pause, Barbe rousse, une mésange charbonnière portant dans son bec une touffe de poils roux pour l’isolation de son nid, très curieuse de notre présence et de notre repas, nous a tenu compagnie tout en zinzinulant et en sautillant autour de nous.

L’après midi nous mène à Champagne sur Seine, ou nous traversons le pont pour gagner Saint Mammès et son joli port fluvial. Après un café bien mérité, nous revenons vers Champagne et reprenons le cours du chemin de Thibaut. Tout en montant la côte nous passons devant une petite église orthodoxe puis retrouvons un chemin de terre dans le bois de Valence en Brie. Le bois est très escarpé, et le sentier est parsemé d’anémones. Les premiers muguets font déjà leur apparition. Nous retrouvons quelques promeneurs. A la sortie du bois nous rejoignons le Haut Samoreau ou nous effectuons une dernière pause sur un tapis de pâquerettes devant le château des Brûlis.

port de Saint Mammés

port de Saint Mammés

une péniche vers Vernou la Celle

une péniche rigolote vers Vernou la Celle

C’est la dernière étape et le Gr de pays prend la direction du nord. Encore une petite heure et nous achevons notre périple en arrivant à l’église d’Héricy, notre point de départ il y a 3 mois, et retrouvons notre voiture.

Nous sommes fatigués mais fiers et ravis d’avoir bouclé ce beau chemin, étant probablement parmi les derniers à l’avoir emprunté, puisqu’il est tristement appelé à être abandonné au profit de petits chemins de campagne.

 


 

Nous retiendrons pour ce périple le joli village de Saint Loup de Naud, le passage des grues cendrées vers le château de Preuilly, la gentillesse de Colette au Plessis, la petite mésange à la barbe rousse, et bien sûr l’éveil du printemps toute la seconde moitié du périple. Le temps a été largement avec nous puisque malgré le froid humide de l’hiver briard et le vent parfois glacial dans les plaines, nous n’avons pratiquement jamais eu de pluie ni de températures extrêmes.

Enfin je remercie Yolande ma tendre compagne pour sa curiosité naturelle et son caractère toujours égal et enjoué, ce qui rend la marche toujours plus colorée et me donne envie de continuer à marcher encore loin avec elle.

plaisir de la marche à 2

plaisir de la marche à 2

Une tendre pensée pour mon ami Luc qui m’a fait découvrir les joies et les bienfaits de la rando, avec une pointe de fatigue parfois, mais vite reprend le désir de surmonter, continuer….

Le cheminement du sud Seine et Marne est tout simplement enrichissant, dépaysant, diversifié grâce à son architecture changeante et imprégnée du passé. A 60 kms de Paris il y a bien des choses à voir encore………………

GRP